lundi 25 août 2008

A l'immense

Beauté qui ne demande rien
Qui ne demande plus
A personne
Qui n'attend que le silence, lorsque la voix s'est tue
Quand les grimaces se sont effacées, et les châteaux écroulés
Beauté timide et maladroite
Qui ne s'accroche à rien d'autre que ton souffle
Beauté sereine dans la douleur
Et rageuse dans l'absence
Reine de l'instant et des couleurs
Beauté jetée sur les plages du désordre
Et tenue dans le fil d'un embrun
A la course battue
A terme à demeure à la fin
Beauté crépitante aux cheveux d'étincelle
Ombre bleue porté sous les yeux
Beauté en guenilles sans livret sans papiers
Echo soudain soudure à l'azur

Beauté ma loyale
Et ma fidèle
Jusque dans tes disparitions
Beauté
Mon désespoir et mon secret

vendredi 22 août 2008

Naissances (2)

L'eau, le fleuve … l'eau, le courant, les tourbillons, la berge, la berge, et puis enfin la glaise sous les doigts, l'odeur d'humus, les racines auxquelles tu t'accroches, les cheveux dans les yeux, un goût sucré dans la bouche, l'herbe haute, encore un mètre les pieds hors de l'eau, et le souffle qui manque et qui te revient, tu dois retrouver la marche, apprivoiser la pesanteur au creux de tes genoux.

Tu aurais pu attendre encore un peu, grandir plus loin, au risque de te perdre dans l'eau, de te liquéfier, et même si tu aimes nager, tu n'as pas le choix des visages que tu croises, des alchimies de hasard, et des secrets que tu aides à éclore. Des sentiments...

mercredi 20 août 2008

Naissances

J'ai traversé les ans comme autant de fleuves : autour de moi le courant glissait, rusé, insatiable et agile. Emporté, j'ai à chaque fois mis le pied sur la berge en découvrant un endroit différent du monde.
Et même si je sais que je me rapproche des lueurs qui courent au dessus de l'horizon, à chaque mouvement des hanches pour m'élever au dessus du bord, je rêve d'un nouveau paysage...

La vie continue, dit on, avec la rapidité demain d'un cœur enfantin au profond du ventre maternel

mardi 19 août 2008

Sur le fil du silence

Equilibriste encore sur le fil du silence
A tâtons
Vos doigts qui tremblent
N'accompagnent plus vos yeux inutiles
Ni les quelques mots asséchés qui percent sous la douleur
Et parfois je l'entends
Elle racle contre les parois du cerveau la tumeur

Sans doute est ce possible parce que les gens se taisent
Encore
Ils secouent leurs visages au dessus du gouffre
Mais ce vide qui vient sous leurs pieds
C'est à partir de vous qu'il faut le combler
Seulement vous

Equilibriste encore sur le fil du silence
Je vous embrasse.

lundi 18 août 2008

Des listes, des jeux et des anars...


Le plus remarquable dans ce dessin, au sens premier du terme, n'est finalement pas le dédain chinois, mais le motif, l'évènement, qui l'a suscité.

Nous croyions les mots "prisonnier politique" et "dissident" englués dans le siècle précédent, au temps de l'Union Soviétique, quand chaque mot passé par-dessus de mur, envoyé via pigeon voyageur du fin fond de la Sibérie, tirait des larmes au premier venu, déclenchait dans le monde libre des tonnerres de protestations, de bonnes indignations, des somptueuses diatribes et qu'aussitôt tombaient dans le ciel d'Afghanistan des chargements d'armes.
Notre P…, habitué qu'il est à confectionner des fiches, à edwiger sans peur ni scrupules, le remet au goût du jour, tout comme le couvert et cette fameuse liste.

A quoi sert t'elle ? Un clin d'œil – je sais ce que tu fais et où tu habite, alors fais gaffe – ou un cadeau – voici ceux qu'il faut abattre, mais je ne t'ai rien dit - ?

Je n'ai pu rire.
Honoré retourne la mise en scène, il montre que pour notre P… le plus dramatique n'est pas le sort des dissidents, mais le nombre de contrats qu'il risque de perdre pour ses amis. Il montre que ce geste n'est rien d'autre qu'une gesticulation à laquelle il se soumet en essayant sans succès d'y croire lui-même.

Au moment où Siné commence à manquer à Charlie, la qualité demeure.

Et une question : que fait finalement notre P…. ?

lundi 11 août 2008

Bribes d'images numériques et tristesse SMS

La photographie dans le téléphone... Et si on mettait le téléphone dans le cadre, à l'angle du miroir. La voix parait si lointaine, le visage un peu flou, la nuit pale, les halos de pixels envahissent ma mémoire, les ondes électriques parcourent ma langue, mes yeux me brûlent.

L'univers magique a aboli la distance mais oublié la chaleur de la peau.

mardi 5 août 2008

Déplions l'avenir

Pour enjamber les gouffres de bêtise, il chausse ses bottes d'arracheur de dents… On déplace les responsabilités, comme on déplace les miroirs.

voir l'article

Aux noyés

Nous savons bien
Que le temps est joueur
Il mise à chaque coup pour gagner

Pour dominer ce monstre si fidèle
Peut être faut il perdre
Son temps

Ainsi, ainsi
Pour ne sortir qu'à l'aube de la table de jeu
Au dernier jeton

Peut être faut il
Pousser les mots devant soi
En murmurant

"Tapis ! "

samedi 2 août 2008

Veille 2.0

Je suis entouré, cerné, par le vert miroitant des tilleuls et je tourne dans un coin de ciel alangui, que capte en rêvant les lentilles paraboliques de l'appareil photo.
Au début il n'y avait que ce chemin clair et poussiéreux, au milieu des champs. C'était hier. Je marchais sans savoir, dans une promenade sans but, identique aux flâneries parisiennes. Les tiges de blé coupé au ras des mottes arrachaient au ciel des lambeaux de nuages. Mais aujourd'hui, mon corbillard s'est arrêté sous les tilleuls.
J'en suis descendu lentement. J'entendais bruisser un carillon lointain. J'ai fait quelques pas vers les fossés. J'ai sorti mon appareil.

mercredi 30 juillet 2008

Veille 1.2

Entrouvert ce ciel ! Tandis que la pluie ronge
Les tilleuls, tu demeures, à l'abri du sommeil.
Puisqu'un secret te sert et te prolonge,
Tu t'allonges, dans la paume irisée de la veille

Remonte sur toi le drap léger des images !
Il y a dans ce siècle des éclats trop bruyants,
Et d'étrange bassins versants où, volages,
Quelques nuages passent en sifflant…

Veille 1.1

Entrouvert ce ciel tandis que la pluie ronge
Les tilleuls tu demeures à l'abri du sommeil
Puisqu'un secret te sert et te prolonge
Tu t'allonges dans la paume irisée de la veille

Remonte sur toi le drap léger des images
Il y a dans ce siècle des éclats trop bruyants
Et d'étrange bassins versants où volages
Quelques nuages passent en sifflant

Veille

Entrouvert ce ciel tandis que la pluie ronge
Les tilleuls tu demeures à l'abri du sommeil
Puisqu'un secret te sert et te prolonge
Tu t'allonges dans la paume irisée de la veille

mercredi 23 juillet 2008

for the happy few


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Sinon c'est là :

les tablo-shop de SW

mardi 15 juillet 2008

Monsieur le p…,

Monsieur le p…,

Les choses changent dans notre pays. Vous l'avez dit, et puisque vous l'avez dit, cela doit être vrai. En mangeant votre carambar ce matin, il y avait une petite blague à dire et vous n'avez pas su résister à la tentation.
Je suis stupéfait de votre vision des affaires publiques.
Vous êtes un pragmatique, monsieur le p… , vous ne croyez qu'à la réalité, la vôtre, aux résultats, aux forces qui vous affrontent ou vous complètent. Vous êtes le leader incontesté d'une classe sociale qui, en perdant l'élégance, a jeté la pudeur et l'attention. Tout obnubilé par le désir, vous nous rassurez. Mais je ne suis pas sûr que vos électeurs désirent la même chose que vous. Un homme en ray ban n'est jamais qu'une grenouille qui coasse au bord de sa mare, fut elle planétaire.
J'ai décidé pour Noël de vous offrir des livres. Dans ma sélection, j'ai mis Martine à la plage et Martine appuie sur le bouton rouge. Je sais bien que cela ne sert à rien de vous offrir de la poésie, encore moins les Mémoires du général de Gaulle car je ne suis pas sûr que la notion d'intérêt général puisse vous convenir. De toute façon, ce que vous aimez, c'est dire oui et non dans la même phrase en vous adressant aux gens.

Monsieur le P…, les choses changent. Vous l'avez dit. Moi aussi je change. Je n'aurai bientôt plus besoin de vous pour comprendre que l'argent et le cynisme ne sont décidément pas mes valeurs.

En vous souhaitant bonne réception,

jeudi 10 juillet 2008

Back home

Je tiens les rôles, les nuits, les secrets, à bout de bras, à bout de cœur, dans l'étincelle et les fumées.
A la passerelle, je cherche un cap dans la tempête. Le free-foll m'appelle. Les cartes mentent.
Je reçois des lettres.
Et en ouvrant les feuillets repliés, je pense aux équateurs imaginaires qui partagent la vie en deux hémisphères, que certains ne franchissent jamais, attachés à ces haillons gris qu'ils ne peuvent pas transformer en robe de bal, en bleu de chauffe, en vêtements d'enfants.
Terre !
Mon pilote est monté à bord. La blondeur de ses cheveux me guide.

samedi 28 juin 2008

La tranquillité (2.2)

Roulez carrosse ô mes doigts perdus

Cette beauté civile est veinée de rouge
Et pourtant en ville les nuits demeurent
Comme les chemins ouverts couchés sur le papier
Une forêt où je me perd encore à portée de main.

Je vais toucher le cœur chaud, l'épaule calme
Sur ce versant, quelques lambeaux, et la brume qui se disperse

vendredi 27 juin 2008

La tranquillité (1.0)

Roulez carrosse ô mes doigts perdus
La beauté est veinée de rouge
Les nuits en ville sont tristes
Les chemins sont ouverts et couchés sur le papier
Une belle forêt où l'on se perd est à portée de main,
Je vais toucher le cœur chaud, l'épaule calme
Sur ce versant, quelques lambeaux de brume se dispersent

mercredi 25 juin 2008

Impromptu

Une ampoule anémique pendu au plafond du couloir se vautrait dans l'ombre et me lançait quelques clins d'œil malicieux. J'avançai de quelques pas. Les boite à lettres murmuraient, des mots plein la bouche. Je m'en approchai en tremblant. A leur silence soudain, je sentis qu'il ne fallait pas trop insister et avoir l'élégance de ne pas écouter leurs conversations.
Au premier palier, la plante verte me retint par la branche. Au second, je demandai mon chemin à une sonnette qui se réveilla dans un cri strident puis m'éconduisit sans gêne. Je dédaignai les plaques de cuivre du troisième, leurs titres, leur grâce aristocratique.
Au dernier étage, avant le grenier, la chambre était ouverte. Une femme chantonnait. Son parfum me guida vers le cabinet de toilettes. L'eau miroitait dans la baignoire jouant innocemment avec le haut de sa poitrine. Mes yeux auraient voulu être à sa place. Ils décidèrent sans moi de se refermer pour mieux rêver. Je sentis une étrange chaleur sur mon visage.
Quand ma sirène m'aperçut, elle tendit les bras et se mit à rire.
Voilà pourquoi, Mr le policier, mon costume est mouillé.

vendredi 13 juin 2008

Revenir sur terre...

Lu sur Rue89, dans un commentaire :

"bling-bling, couac-couac, plof-plof!
ca va mal finir!"

Etonnant non ?

mercredi 4 juin 2008

L'absolu

J'ai cherché le mot juste. J'avais le vers et je ne savais l'écrire

Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Entends, ma chair, entends la douce Nuit qui marche.


Entendons-nous la différence ?

Savons nous où porter nos yeux ?

Et ces gestes dans le silence… Serait-ce la cadence de l'absolu … les flammes mangeant le ciel, les draps d'aube, les circulations infinies dans le cœur, couchées dans les lignes nettes du réel. La pluie douce des souvenirs acides, la peau nue du secret, les cicatrices inventées par la foudre et la colère.

Apaisé, excité, autrement, j'ai mis les possibles en errance.

dimanche 1 juin 2008

Avis de recherche


ce que nous ne voyions pas des fois plus important est que ce que nous voyons...
Ce jeune padawan nous avons perdus, du coté nordiste de la force...

vendredi 23 mai 2008

Ce que le silence demande

Pour faire ce que le silence demande
Tirer sur sa cigarette comme sur un jour sans pain
J'ai mis
Mes mains dans un foulard
Celui que tu portes au cou

Pour faire ce que le rêve commande
Suivre la ligne arrondie de tes hanches
J'ai remis
Mon vieux caban de marin couleur d'encre

Pour ce geste bleu
Pour cette nuit secrète
Pour ce qui reste en nous d'avenir à construire
Et de bonheur à partager

mercredi 21 mai 2008

IL FAUT PUNIR LES PAUVRES

J'ai lu ça, c'était le commentaire d'un internaute à un article de libé :

Autant de choses (ndt :créateurs,chercheurs...) qui manquent de plus en plus gravement en France et contribuent au déclin de ce pays. Tout cela à cause de la fiscalité débile d'un état obèse et d’une mentalité qui est encore de "punir" les riches. La France y perd beaucoup plus qu’elle ne pense gagner en maintenant un taux de confiscation grotesque

Sachant que ce monsieur est encore en France, je suppose qu'il n'est pas un créateur. Et que pour lui la vie s'arrête dés qu'il a passé Lille ou Biarritz...

mercredi 14 mai 2008

Comme dit l'autre :

A y est ! Question mémoire rien de tel qu'un peu d'insouciance, de jem'enfoutisme et de confiance en soi.
Je plaisante.
Mais demain c'est manif. J'avais mis le pavé dans ma poche si longtemps. Les morceaux de caténaires peuvent encombrer nos cerveaux, les mots tombent comme du ballast, à minuit départ pour la Finlande, à midi départ pour l'épaule. Et à quatre heure, éclairs sur le lit d'hôpital. Tout roule !
A y est

vendredi 9 mai 2008

aprés midi

André
Il y a ce lit d'amour, entre les ruisseaux de nuages
Ce lit calme, cette page cornée
Ce verre renversé
La lumière traverse les bouleaux
S'immisce dans le cercle de l'ombre fraîche
Il y a autour de vous des rires et des jeux
Des larmes simples
Des cœurs débordés
Vous pouvez vous endormir.