vendredi 18 avril 2008

Une passante

Je voudrais revoir le voile pudique que laisse la pluie sur vos joues
La pluie qui ruisselle et perle à vos yeux
Quand vous attendez à la sortie du travail
Debout sous le porche battu par avance
Par cette pluie qui tombe oblique si entêtée à vous toucher
Vous êtes vivante et vous attendez quelqu'un

mardi 15 avril 2008

Energique étincelle

Comme on dit chaque jour suffit sa peine.
A chaque naissance de la lumière suffit sa douleur, son lot de larmes et d'objets brisés, de visages en lambeaux, de regards effacés.
Je me demande souvent comment font les gens pour vivre.
Je me demande souvent ce que le monde serait une fois que tous auraient pris conscience des rivières incandescentes qui roulent sous leurs pieds.
Je me demande souvent si j'ai raison de faire confiance aux hommes.
Je me demande souvent si j'ai raison de me faire confiance.
Et encore plus souvent je cherche cette énergie qui maintient le monde debout. Qui pousse les enfants africains à survivre, les femmes et les hommes à résister à ce qui les oppresse.
Cette énergie qui ferme les blessures.
Cette énergique étincelle fugace et persistante comme un poème.

jeudi 10 avril 2008

Sentinelles

Sentinelles du rêve, endormez vous
Sentinelles à la douleur, quittez votre poste
Il y a ces jours comme une rumeur maligne
L'annonce d'une offensive sur nos fronts

Sentinelles veillez
Redoublez secrètement de vigilance
Ecrivez à vos proches en surveillant les portes
Et tous ces chemins
Et tous ces sentiers perdus sous les châtaigniers

Sentinelles
Gardez contre vous vos fusils dérisoires
Soyez droit dans la tourmente qui vient à pas masqués
Ne pliez que sous le rêve
N'abandonnez que pour d'autres preuves ou d'autres sourires

mercredi 9 avril 2008

A propos de...

La brutalité du jour… et ce n'est pas le matin blafard et pluvieux.
Plutôt
La scie, la lame, la fine aurore glaciale.
L'amour déroule ses barbelés
Pour faire paitre ses troupeaux de certitudes
Avant de les mener à l'abattoir
A genoux nous broutons l'herbe tendre
Quelques branches d'épines nous mettent la gueule en sang

dimanche 23 mars 2008

La chanson d'Ééa (Circée)

Ulysse - part 1 –

Vous souriez ma chère.
Le langage est un asile étrange, on y croise des fous et des folles, des déprimés, des excités. Vous savez. Vous saurez. Parler est donc soumis aux lois de la normalité. Ne pas se faire comprendre est un crime. Il faut faire semblant. La poésie est à prendre avec des pincettes et ses printemps sont comme les calendriers que l'on nous propose parfois dans les rues, le fruit d'un travail de reclus dans leurs cellules.
Le pire n'est il pas que les fous soient parmi nous. C'est vrai que nous fermons les yeux. Tant qu'ils n'élèvent pas la voix. Tant qu'ils se rendent à leur travail avec nous, que vous les côtoyons tous les jours, qu'ils sont collègues, voisins, cousins cousine, on peut toujours expliquer leurs errances passagères. On peut toujours les traiter d'originaux. D'ailleurs, dit-on, ils le recherchent.
Nous voyons leurs nuits blanches comme des symptômes ou des incendies que nous pouvons circonscrire.
Après tout ce ne sont que des poëtes !

Ulysse – part 2 –

Voici
Nos désordres parallèles
Dans la nuit ajourée
Et sur le lit
Ces
Paniers chargés de roses noircies

Passons veux tu ce silence gêné
Racontons nous que par ici
Il y a encore quelques sentiers

Et pour en venir aux mains
Pas d'entractes au désir

Racontons nous des histoires

vendredi 21 mars 2008

A se mordre la langue

"Aza/aga hasard/hagard et bitume
Macadam mac à dame et nage à la rivière
Ô bijoux Ô duos diamants palimpsestes !!!"

Vous souriez ma chère.
Le langage est un hôpital psychiatrique, on y croise des fous et des folles, des déprimés et des excités. Vous savez. Vous saurez. Parler est soumis aux lois de la normalité. Ne pas se faire comprendre est un crime. Il faut faire semblant. La poésie est à prendre avec des pincettes et ses printemps sont comme les calendriers que l'on nous propose parfois dans les rues, le travail de reclus dans leurs cellules.
Le pire n'est il pas que les fous soient parmi nous. C'est vrai que nous fermons les yeux. Tant qu'ils n'élèvent pas la voix. Tant qu'ils se rendent à leur travail avec nous, que vous les côtoyons tous les jours, qu'ils sont collègues, voisins, cousins cousine, on peut toujours expliquer leurs errances passagères. On peut toujours les traiter d'originaux. D'ailleurs dit-on, ils le recherchent.
Nous voyons leurs nuits blanches comme des symptômes ou des incendies que nous pouvons circonscrire.
Après tout ce ne sont que des poëtes !

lundi 17 mars 2008

De Calais à Tarifa

Je me demande bien ce qui peut faire rire ou se réjouir certains… la victoire de la droite à Calais n'a été possible qu'avec le soutien du Front National. Il faut vraiment être aux abois pour accepter ou alors être vraiment proche pour que ces électeurs se reportent sur la liste !!!

Soutenez, soutenez, soutenez sans faiblir le regard des immigrés de Calais .

mardi 11 mars 2008

Bergère des nuages

Les filles enrhumées se cachent sous des écharpes
Et traversent les embouteillages comme une aube silencieuse
Les filles numéro 73 ont des larmes séchées et planquent au bas des idoles
Grattant le cuir de leurs limousines
Les filles sont perdues dans des gares psychiatriques
Elles cherchent l'aiguillage
Oublieuses des triages dessinés sur leurs poignets
Descendent parfois fumer une cigarette sur le quai

( Les carmélites aux couleurs d'incendie brûlent les suaires
Je traîne sous les arcades des idées purement inutiles
En attendant de rencontrer mon ange suicidaire )


Les filles enrhumées se cachent sous des écharpes
Et traversent les embouteillages comme une aube silencieuse
Les filles numéro 73 accompagnent leurs amants
Pour traverser le gué des amours interdites
Ton souffle est une tempête qui m'arrache les paupières
Tu es douce aussi à l'instar des mélancolies tenaces
Ta vie est à la mienne et ce secret m'éblouit

Ta vie est à la mienne et ce secret m'éblouit

vendredi 7 mars 2008

ZUP

Hier j'avais 5 ans.
Le monde était plus grand, les immeubles plus hauts. Je ne connaissais pas le prix des choses, je ne connaissais pas le poids des rires. Hier aux Hexagones, hier à la Petite Hollande, hier rue Debussy, hier je n'avais qu'à deviner, on passait sur les routes, on glissait dans les tourbillons, appréhendant la terre qui arrivait à toute allure.
Aujourd'hui le soleil est un peu froid. L'école n'est plus vraiment l'école, il manque des visages et des noms. Les dessins des rues ne me disent rien. Ils sont muets comme mes souvenirs. Il n'y a personne, c'est midi. Des hommes en cottes apparaissent après le déjeuner tandis que les enfants jouent en attendant d'aller en classe. Des commerces déserts ont relevé leurs rideaux de fer. Ça sent la Peuge, le gris, les paupières en bernes, les rêves disparus, le pays si loin. Les femmes aux petits boulots, le LP, la maladie. La grande violence subie, et rejetée parfois, maladroitement.
Pourtant quelque chose bat. J'entends quelque part un cœur énorme. La peau tremble. Le souffle revient. C'est peut être le mien

mercredi 5 mars 2008

Racontons nous des histoires

Voici
Les désordres parallèles
Dans la nuit ajourée
Et sur le lit
Ces
Paniers chargés de roses noircies

Passons veux tu ce silence gêné
Racontons nous que par ici
Il y a encore quelques sentiers

Et pour en venir aux mains
Pas d'entractes au désir

Racontons nous des histoires

Individuel égoïste ou individuel généreux ?

Puisque je vis ici depuis un certain temps, je connais des gens. J'ai partagé avec certains un peu plus qu'un simple café dans un bar, discuté un peu longtemps que sur le coin d'un trottoir. Les élections municipales, avec les listes de candidatures, sont souvent l'occasion de voir reparaitre un nom. Et derrière un visage.
Hier en regardant le compte final des listes à gauche, j'ai d'abord pointé les connaissances, les filles et les fils de connaissances, les épouses et les maris, les anciens camarades de classe ou de manif.
Et je n'ai trouvé que deux mots pour les accoler à ma mémoire. J'aurais pu écrire "nostalgie" et "tendresse". Mais c'était "complaisance à soi" et "égoïsme". L'individualité à gauche n'est plus généreuse, elle est bardée de certitudes égoïstes.
Ainsi, à gauche, nous avons trois listes. Trois légitimités qui au lieu de se joindre ( et non se fondre, ni disparaitre) dans un projet commun se complaisent dans le culte de la différence. Deux crachant à n'en plus avoir de salive sur l'autre qui a le mérite de prendre un risque, celui de l'union.
Merde.
La première personne de ces listes que je croiserai en manif et qui me demandera de la rejoindre dans cette trajectoire égoïste je crois que je n'aurai pas la force de lui répondre gentiment.
Merde.
L'année dernière la discussion portait sur une candidature unique à la présidentielle. Beaucoup ont claqué la porte et m'ont accusé de ne pas jouer le jeu, juste parce que j'ai voté pour la personne que je désirais qu'elle nous représente. Légitime autant que les autres, j'ai voté en conscience. J'aurais accepté un autre candidat que le mien.

Merde.
Y'a t'il encore quelque chose à faire à gauche ?

mardi 4 mars 2008

Inalienable

Y a eu Antoine avant moi,
y a eu Dylan avant lui,
après moi qui viendra ?
après moi c'est pas fini.
On les a récupérés.
oui mais moi on m'aura pas,
je tirerai le premier,
et j'viserai au bon endroit.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

J'ai marché sur bien des routes,
j'ai connu bien des pat'lins,
partout on vit dans le doute,
partout on attend la fin.
J'ai vu occuper ma ville
par des cons en uniformes
qu'étaient pas vraiment virils,
mais qui s'prenaient pour des hommes.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

J'ai vu pousser des barricades,
j'ai vu pleurer mes copains,
j'ai entendu les grenades
tonner au petit matin.
J'ai vu ce que tu faisais
du peuple qui vit pour toi,
j'ai connu l'absurdité
de ta morale et de tes lois.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

Demain, prends garde à ta peau,
à ton fric, à ton boulot,
car la vérité vaincra,
la Commune refleurira.
Mais en attendant, je chante,
et je te crache à la gueule
cette petite chanson méchante
Que t'écoutes dans ton fauteuil.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

mardi 26 février 2008

Eichen

Au travers de la forêt
Comme au travers de la gorge
Quelque chose tombe sur vos épaules
De la pluie
Les grands chênes pleurent
Leurs sanglots craquent au dessus de vous
Ce sang
Qui vous recouvre
Vous invite à les prendre un à un dans vos bras
Sentez vous contre votre joue
Le tressaillement de l'écorce
Les plis de leurs visages
Qui s'abandonnent

Avec vous

dimanche 17 février 2008

Pour une poignée de sable

Nous marchions dans le sable, depuis longtemps, des jours, des années peut être.
A force nos pieds avaient gagné en souplesse et en élasticité, pour être à même d'épouser le sol mouvant.
Quand un mirage apparaissait, nous plissions les yeux. Certains résistaient quelques minutes à nos cerveaux hébétés. Toujours la nuit fraîche qui venait chassait ces visions trompeuses.
Acham le premier a compris qu'ils étaient semblables à nos traces dans le sable. Il s'est mis à les suivre et nous l'avons accompagné. Peu à peu ses mirages sont devenus les nôtres et nous les partagions le soir autour du thé.
Longtemps encore après, nous avons découvert des choses dont on n'avait aucun souvenir. Et nous sommes entrés dans la ville en titubant car nos pieds avaient perdu la capacité de marcher sur le béton ou les pierres. Nous étions habitués à la frugalité des oasis. Les devantures dégorgeaient d'aliments. Un geste nous donnait un filet d'eau claire.

Nous avons commencé à enterrer nos morts. En pensant que le sable nous reprendrait tôt ou tard.

mercredi 13 février 2008

8, rue de la Mouillère

De la fenêtre du salon, tout au fond, nous regardions la cour, les vieux garages aux toits plats. Dans les quelques silhouettes qui la traversaient nous reconnaissions parfois quelqu'un de notre connaissance, mais la plupart du temps notre vue s'arrêtait au lignes des tuiles rouges, aux rangées d'ouvertures dont nous ne savions rien, souvent et dans les après midi, il n'y avait rien d'autres qu'une tribu de pigeons endormis.
C'est un souvenir d'enfance. Plus grands nous ne passions plus entre le bureau et le fauteuil. Il fallait se pencher par-dessus les cartes postales et les photos glissées sous le verre épais qui protégeait le bois. Nous avions grandi. Les meubles étaient plus petits, les grands parents plus vieux, courbés, avec cheveux blancs.
La table a toujours été au milieu. Et dans le coin près du radiateur, à distance respectable du téléviseur, le coin du papy, la petite bibliothèque, l'étrange cube jamais dévoilé d'un secrétaire dissimulé sous les plantes. Le carillon sur le mur opposé, en plein milieu, dormait lui aussi, entouré de tableaux de Venise, de paysages du Haut Doubs retenu au bord du pittoresque par le naturalisme délicat de Charigny. Nous attiraient aussi les reproductions d'icônes auxquelles se joignait à Noël une petit crèche en carton.
En face de la porte, le lit. Combien de lectures sur le lit pendant le café... Des livres encore, déjà, dans le meuble bas qui ceinturait ce radeau improvisé. Des histoires de la Résistance, de la seconde guerre mondiale, une édition illustrée des Fleurs du mal à coté des dictionnaires.

Le couloir sombre, avec le frigo. Il n'a jamais bougé bien qu'il aurait pu trouver sa place dans la cuisine lors du changement de la chaudière. Le long du mur, dans le passage, le meuble à chaussure chargé de revues, et le porte manteaux déplacé pour permettre le passage du fauteuil roulant. Souvent ouverte, lumineuse, l'ancienne chambre de chambre de Bernadette était notre salle de jeu. Salle de musique aussi, avec le piano aujourd'hui désaccordé.
Nous avions mis du lino jaune. Le lit médicalisé avait remplacé celui de la tante qui doit être encore au grenier.
Je me souviens avoir dormi dans la chambre de Claude dans le lit caché sur le flanc d'un long meuble bas, et sur ce meuble étaient alignés quelques bibelots, et le téléphone. Quand a t'il changé de place, lui aussi ? Tout au bout, à coté de la porte-fenêtre, le chiffonnier à jouets. Pour dormir il fallait pousser la table.
On appelait cette pièce, la salle à manger.
La cuisine est toujours à gauche en entrant dans l'appartement, derrière la porte battante, que l'on immobilisait avec un tampon à ressort. Pour mettre la table, nous prenions la vaisselle dans le grand placard à droite. Sur la table pliante, une salade verte que le papy avait ramenée du marché attendait qu'on l'apprête pour le repas. Un concert de Bach s'achevait sur France Musique.
Le sucre était dans un boite en inox ; caché sous la blancheur le trait noir d'une gousse de vanille nous surprenait agréablement. Le matin, assis sur un tabouret, nous y buvions un bol de chocolat, un immense chat jaune qui avait sa place sur l'ancienne chaudière nous observait. La mamie se préparait.

Je ferme la porte de l'appartement vide. Trois serrures, trois clés. Un écho terrible

mardi 12 février 2008

lundi 11 février 2008

mélancolie diesel et champ retourné

Le ronronnement du diesel l'avait sans doute précédé. La voiture longe le domaine derrière les haies, c'est facile de la suivre des yeux, d'anticiper la prochaine tache blanche qui se faufilera dans un espace vide.
Y'a-t-il quelqu'un a l'intérieur ? A contre jour elle semble habitée par un maitre invisible, un maitre qui la conduirait du bout des doigts, anticipant les quelques courbes, les collines.
Appuyé sur la bêche, je cherche qui doit me rendre visite aujourd'hui. Je regarde à mes pieds la moitié du jardin retournée, les mottes en désordre que les mois d'hiver viendront aplanir et régénérer. Je la suis qui hésite à entrer dans la cour.

jeudi 31 janvier 2008

Les nuits sont impardonnables…

Tout en lenteur, les images se déplacent, les lumières se croisent. Elles s'attachent, se rejoignent, s'écartent. Le ballet est silencieux, des pas sur une moquette épaisse, ou une bille au creux du coude. Parmi ces fils que l'on peine à lire, se trouve sûrement l'éclat qui nous manque.

Nous sommes bercés. Debouts. Les mondes vacillent. Ce qui nous racle le cœur finit par nous blesser. Je te déposerai dans cette terre, sous la pierre, même si le cercueil est lourd et même si les poignées m'écorchent les mains.

Tu sais, les nuits sont impardonnables.

Où je suis se traînent quelques idées transparentes, de celles que l'on ne peut saisir que tard, quand les oiseaux nichés sur mes épaules se sont endormis. Tu dirais des vapeurs, d'autres des souvenirs. Je ne sais plus exactement leur donner un nom, je me contente de les regarder glisser dans l'espace, s'enrouler dans les volutes de ma cigarette.

L'ombre des grands aulnes, l'odeur des glycines, le bras calme de la rivière, le murmure des rochers, et tant encore sont les soldats d'une armée invisible, prêts pour toutes les conquêtes, pour tous les saluts, prêts à creuser des tranchées dans le ciel, à rouler sur les plages à l'assaut des villes grises.

Tu sais, les nuits sont impardonnables.

Le sais tu, les nuits sont impardonnables.

Aux racines des mots nous sommes attachés. Et même ce latin teinté me ramène aux images.

Et mes mains aussi sont impardonnables
.

jeudi 24 janvier 2008

Passage

Il fait plus froid tout d'un coup.
Autour de moi l'espace est immense. Un carillon perdu dans les arbres tinte en désordre. Quelques notes mélangées se dispersent dans l'épaisseur du monde.

Faut-il creuser la terre ? Faut-il ouvrir ce ciel bas et immobile ?

Ou juste allumer un feu de brindilles.

mercredi 16 janvier 2008

Elle était devenue si légère.

Elle était devenue si légère.
Je crois que l'expression exacte serait "un poids plume". Elle était devenue légère parce que la maladie et l'age l'avaient privée de ses souvenirs et que son corps qui ne réagissait plus comme avant.
Elle était devenue si légère de mots aussi.
Il n'y avait que ses mains qui s'exprimaient, ainsi que ses yeux et son sourire.
Que voulait elle nous dire ces mains maigres et courbées quand nous les prenions dans les nôtres ? Quand nous les sentions se détendre sous la caresse ?
Parfois elle n'avait plus l'esprit de nous dire au revoir. On sentait comme un grand vide en elle, un vide où nous tentions d'exister malgré tout.
Je me souviens, c'est au moment où tout commençait à être de plus en plus dur que nous avons commencé à rouvrir les albums photos. Je me suis dit que j'aurais pu noter ce qu'elle disait. Aujourd'hui je comprends que le plus précieux étaient ces moments passés avec elle, qu'il n'y avait d'irremplaçable que ces calmes milieux d'après midi dans le salon, vers la fenêtre.
Elle me posait si peu de questions ces derniers temps que je m'étais mis à faire les questions et les réponses tandis qu'il y a encore 6 mois, elle m'avait interrogé sur des objets, sur des villes, des personnages. Je ne sais pas si c'était pour elle un moyen de reprendre le dessus ou un réflexe de professeur.

Elle était devenue si légère.
J'aurais presque pu la porter d'une seule main. Je l'aidais à se remettre sur le fauteuil, à s'installer confortablement. J'avais peur de la briser. J'avais peur de la contrarier. Il m'a fallu du temps pour me contenter de poser mes mains sur les siennes, de la regarder. Il m'a fallu du temps aussi pour ne plus venir que pour les médicaments, l'argent ou un robinet qui fuit parce que la panique et la peur me prenaient à chaque fois.

Elle était devenue si légère.
J'aime cette idée de légèreté pourtant. Je pense que cela nous permet de penser à l'essentiel, aux petite choses si importantes que l'on garde avec nous, à tout ce qu'il y a de délicat dans l'être humain, de sensible. Aux choses qui échappent à la pesanteur du temps. Elle était devenue si légère qu'elle est partie sans esclandre, en murmurant, avec l'assurance tranquille des mots que l'on se dit à l'oreille.

vendredi 11 janvier 2008

Epaule transfert and sweet words

Petit con en équilibre sur un morceau de trottoir
Garde ta respiration
Il te la faudra demain
Pour rouler dans les vagues, les ornières et les prisons

Petit âme bleue sous tes soleils trébuchants
Garde tes mains ouvertes
Il te tarde demain
C'est une autre nuit qui tombe doucement

.../...

vendredi 4 janvier 2008

La grotte

Aller chercher les mots et suivre leur sentier repose de la compagnie des hommes. Pas besoin de drogue, pas besoin d'alchimie, pas besoin d'artificiel. Tout cela est quelque part à portée de main.

Qui n'a jamais rêvé d'être un homme préhistorique autour d'un feu à l'entrée de sa caverne ?

jeudi 3 janvier 2008

Bipède à station verticale

Maintenant petits anges et petits lapins se jettent dans les précipices
.../...
Maintenant il faut nager longtemps longtemps
.../...
J'aime le silence austère des camisoles et le murmure des dieux
.../...
Beauté translucid-e veilleuse de vérité
Verse l'acide sur les pupilles animées
.../...
../..
./.
/

mercredi 2 janvier 2008

mariposas

Et si finalement nous étions aussi tribaux qu'un banc d'huitres en pleine mer, avant d'être des accros cérémonieux ou des acérés bulbitoïdes

lundi 31 décembre 2007

octobre, novembre, décembre

octobre, novembre, décembre.... C'est les mois en R et les cieux vers d'autres blogs