lundi 16 mars 2009

Naufragé du A - 2 - Ou plutôt...

Quand j'ai reçu j'ai pas compris, mais après j'ai vu qu'il fallait chercher l'erreur, et cela m'a bien amusé...
Merci Tom


101 eme message

La vie tremble,
La vie tremble, pourtant engluée
Dans l'épaisseur des quais de gare
Des nuits bitumes et des métros bondés

Cette nuit tremble, ce soir est-il lié ?
Mille feux nous retiennent aux arbres noircis
Ils plongent leurs reins en se brisant les vertèbres
Décidant du peu qu'il leur reste à vivre

A chaque terreur
A chaque répons des cris aux pelages
A chaque galet chaque roulement

mercredi 11 février 2009

Mon naufragé du A...

L’incendie des ongles - L'echancrure- part 3

Cette bande blanche autour de l’œil qu’est ce donc ? Pourquoi ton regard s’irise t’il soudain ? Et que te disent les couleurs ?
Ces couleurs improbables… Tout simplement il faut deviner ces bribes de nuit qui se dissolvent dans les problèmes qu’il faudra résoudre. Résoudre. Résoudre. On ne résout rien, on vieillit, on marche aux degrés vers l’incendie des ongles. On caresse les miroirs, on voit naître, on regarde babiller… On aime sans trop savoir pourquoi.
Pour aimer il faut s’arracher le cœur, pour aimer d’abord il faut se faire une large blessure…
Et je pense à ces bras qui m’accueillent, à cette peau à l’alchimie troublante, je pense qu’il faut citer de mémoire et de peau…

mardi 10 février 2009

Michel - L'echancrure- part 2

Marche au long des piliers jaunes, des langues sombres, des lunes à la finesse si poignante, marche aux degrés vers l’incendie des ongles, trace des hémisphères désolés, des océans de mélancolie quand le vent siffle de vieux airs de guitare, lorsque le barman à sa dernière tournée, se penche sur A… en chuchotant des tendresses désespérées….

Pénètre ce secret sans te soucier de tes pas qui s’effacent, hurle les mystères aux pommiers muets, pense à t’arracher ce cœur, impatiemment, comme ce n’est pas ta nature insolente, comme ce n’est pas ton air désinvolte, arrache ces heures, brûle, brûle, brûle!

(…/…)

lundi 9 février 2009

Michel - L'echancrure- part 1

Au coin du lycée, dans un zone non protégée, sous un courant d’air chargé de pluie, nous fumions quelques cigarettes.
- et Thiéfaine ? je demande soudain…
-Ah … Soleil cherche futur !
Je remue quelques vagues autour de moi. Je repense à un long coin de ciel, à une cassette glissée dans un walkman.
- Eros Uber alles … je continue, première scientifique lycée Pergaud Besançon.
Et une des seules qu’il n’ait jamais chanté en public. Je lui demande confirmation, je cite de mémoire et de peau.
- Syndrome albatros…
Nous nous sommes serré la main. Il pleuvait toujours. J’ai pris le chemin du RER en chantant Stalag tilt..
Avant de fredonner Redescente climatisée…

(.../…)

vendredi 16 janvier 2009

Gazali

Hier je glissais sur le papier quelques mots sans saveur. Ça manquait de couleur et d'arômes, ça manquait de nerfs et de sang, de sucs et de graines. J'alternais le mou et le coriace, et ainsi ma cuisine débordait de plats enfumés et de formes disparues.

Finalement je me suis replié sur un quignon de pain. Il sentait le sable, le béton et la poudre. Le boulanger de Gaza me l'avait posé dans la main comme un trésor.
Et c'est vrai que cela était beau. A en mourir.

dimanche 28 décembre 2008

Mon naufragé du A

Au milieu du couloir, une ligne disparaît derrière une porte. Les battants s'ouvrent de temps en temps, laissant passer une personne ou deux, en blouse ou en tenue d'hôpital. On entend quelques mots battus au détour d'un angle, des gens fument en douce devant l'entrée, on les devine en passant. La machine à café ronronne dans le hall. Je sors un instant. Je m'éloigne un peu. Sous la statue de Bernard Jobin, j'ouvre mon paquet et j'allume à mon tour une toute cousue.
La température à encore baissée. Elle doit être descendue tout prés de zéro. Je m'en fous. J'avance vers les arbres de Chamars en remuant entre les lèvres.
"Philémon"

mercredi 24 décembre 2008

One trip one noise

A six heures du matin, le vingt deux décembre, nous roulions.
Nous avons traversé le centre ville dans la nuit qui finissait, ou dans le jour qui commençait.
A six heures ce matin là, dans l'autoradio nous avons écouté "one trip one noise" en concert par Noir Désir.
Nous sommes entrés dans la maternité sous les néons de l'entrée d'urgence. Nous avons guetté sur le moniteur le cœur d'un enfant à naître, comme on guette des pas sur un chemin.
Le temps s'allongeait. Le jour se levait définitivement.
Le temps n'avait plus qu'une importance relative.
Et quand, entre les murs ont résonné ses premiers cris, sa mère l'a pris contre elle en lui murmurant "tu as fait un long voyage, enfin tu es là"…

mardi 23 décembre 2008

Etre au monde

Je ne sais plus rien de ce qui existe. Je ne vois plus rien de ce qui tourne. Ce qui même gravite, m'illusionne. Tout me file entre les doigts.
Comme perdus les sens du solide ou liquide, de l'âpre, du doux, du rugueux.
Je suis quelque part. Des gens me croisent.
Je ne sais plus rien de ce qui résiste à mes mots, à mes idées, à mon regard.
Je ne sais plus rien du monde. Et pourtant je le tiens entre mes mains.

mercredi 17 décembre 2008

Coco

Ce rêve encore frais, au matin, dans les brouillards.
Ce rêve aux poches vides, ce rêve aux souvenirs batailleurs
Cette nuit qui s'avance
Où il demeure et s'active
Ce secret sur nos visages, ce calcul mathématique irraisonné
La pluie et ses étincelles rougies
Ce rêve têtu comme la misère
Ce rêve qui me tient et sans lequel je ne serais déjà
Plus qu'un masque
Ce rêve tremblant de ne pas arriver à se croire

Ce rêve vous ne le réinventerez pas.

dimanche 7 décembre 2008

Dur

Chaque fois cela sera dur. A chaque fois quelque chose vacillera, et au coeur de l'après midi, sur les regards glissera comme un voile gris et léger. L'étrange sensation ne nous quittera pas. En trempant mes lèvres dans le verre de champagne, je me souviendrai de nos verres qui tintent.
Droits et debout, nous nous méfierons des pièges. Combien seront injustes les souvenirs rapportés, combien nous sembleront déplacées telle anecdote ou telle parole.
Nous nous sentirons bien seuls. Au fond de nous la douleur de l'autre sera difficile à supporter, et nous voudrions qu'elle n'existât pas.
Chaque fois ce sera dur. Dur à affronter. Dur à prononcer. Ce voile sera sa présence. Et il nous tiendra chaud.

jeudi 20 novembre 2008

Verba volant, scripta manent.

Il y a deux semaines j’ai écrit une petite nouvelle dont le point de départ était une lettre trouvée dans le métro… Hier, entre deux quais, il y avait une lettre. Pour moi. Enfin, une lettre que le hasard ou le désir avait laissé par terre et aux gens qui ne regardent pas que leurs pieds.
Dans cette lettre, c’est une fille qui écrit. Elle écrit en s’adressant à un homme qui la fait souffrir. Ecrire même sans donner la lettre, c’est comme une lumière que nous allumons les nuits d’insomnies, pleine d’ombres et d’éclats, pleines de murmures et de mots prononcés à voix nue dans le silence.
Dés que j’ai vu ce que ces quelques morceaux de papiers pliés et salis contenaient, j’ai hésité à les remettre où je les avais trouvés, sur les premières marches de l’escalier des quais de la Gare du Nord. Je me parlais à moi même, je m’expliquais que cela n’appartient qu’à celle qui écrit, peut être aussi au destinataire. Pas à moi.
En même temps ces mots, je les ai recueillis.
Je voudrais devenir une oreille patiente, un regard qui ne juge pas.

vendredi 31 octobre 2008

Autoportrait à la cigarette (j'avais oublié ceci part 2)

J'avais oublié ceci
L'eau sur les vitres, la buée, la surface opaque.
J'ai mis le doigt sur ton visage
Comme pour saisir une ombre brillante,
En prendre le contour d'argent
Et les lignes sages

Tu liras ceci dans la silice et le solide
Couvert de sable et marchant dans la glace
Tu liras ceci à minuit
Ou demain peut être
Quand il fera gris et pale au dessus
D'ici

Tu auras vingt ans
Tu auras le silence à la marge des écrans
Tu sauras le temps et l'espace
Tu sauras bien un jour qu'il ne restera qu'un reflet
Qu'un filet de fumée douce
Qu'une odeur de tabac remontant au loin des poumons

lundi 27 octobre 2008

J'avais oublié ceci

J'avais oublié ceci
L'eau sur les vitres, la buée, la surface opaque.
J'ai mis le doigt sur ton visage
Comme pour saisir une ombre brillante,
En prendre le contour d'argent
Et les lignes sages

Tu liras ceci dans la silice
Couvert de sable et marchant dans la glace
Tu liras ceci à minuit
Ou demain peut être
Quand il fera gris et pale au dessus

dimanche 26 octobre 2008

Hasard...

N'est pas photographe qui veut.
Je le sais.
Je sais trop, à côtoyer l'âme des cargos, qu'on ne fait pas de bonnes photos par hasard. Que celui-ci s'apprivoise. Quand je cherche l'expression juste, je sais que je ne la tiens qu'à force d'impulsions infimes dans mon cerveau, d'associations qui demeurent inexpliquées mais qui suivent une logique.
Le hasard n'a pas de logique.
Depuis que j'ai mon appareil numérique, je prends souvent des photos. Inutiles, gâchées, trop floues, trop sombres, peu importe. Je n'ai que l'ambition de garder ce que j'ai sous les yeux, ce à quoi je participe, de pouvoir un jour peut être en faire ressurgir le souvenir ou me livrer à quelques pérégrinations rêveuses. Je crois que je fais des photos comme je lis un livre, entre naïveté et maîtrise.
Celle qui suit est ainsi. Je la dois au hasard d'un après midi, aux circonvolutions d'un ciel d'automne. Je le dois à ce temps passé en famille, je la dois aussi à la recherche que j'effectue depuis longtemps sur un paysage que j'ai eu mille fois sous les yeux.
Pour une fois j'ai apprivoisé le hasard. Même si au final cela ne donne qu'une image un peu banale, elle existe pour moi...


mardi 21 octobre 2008

Instantanés

Ronger, beaux et heureux, les barreaux des cages bleues.


A force de mer, l'eau n'est plus salée qu'à la peine.


Doux courage au courant d'air, babioles jetées dans l'escarcelle.


Le jardin respire. La terre se soulève. Les arbres la saisissent.


Pour ce lien à refaire et cette vie à reprendre,
A fond de camisole !

jeudi 16 octobre 2008

En passant sur le net

Sur le detroit de Gibraltar, y'a un jeune noir...

Je ne sais plus ce qui est triste et ce qui ne l'est pas. Je ne sais plus ce qu'il faudrait dire, ce qu'il faudrait faire, ce que penser.
Avoir des enfants et mourir pour que d'autres vivent leur vie... Mourir pour la vie d'autrui. Ce qui est normal, disent certains en tant de guerre, et en réveillant le sens du sacrifice ils galavanisent les lignes montant mourir au front...

Mais ici, on meurt pour autrui, simplement à cause de sa misére et de lois...

lundi 13 octobre 2008

Retour

Comme je venais de Devecey, j'ai pris par la voie de contournement, aux lisières de la ville. Je suis arrivé dans la zone industrielle, lentement, sous les arbres dénudés. Une branche était à terre, j'ai senti le bois sec craquer sous les pneus.
J'avais depuis février pris l'habitude : je suis allé directement au fond du parking. A cette heure là, il y aurait encore un peu de place. Je me suis garé le long d'une bordure. Derrière moi, les autres m'imitaient.
La chaleur plombait. Je me sentais comme en juin ou juillet, mis à part les feuilles brunes par terre. J'ai pensé en passant le portail qu'il serait peut être sur l'esplanade, à prendre le soleil avec Nelly. J'ai cherché de loin sa casquette qui masquait son crâne à demi nu, sa haute silhouette un peu voûtée.
Je me suis avancé. Les marteaux piqueurs n'avaient pas cessé du coté de l'extension, même si deux étages s'élevaient maintenant devant la fenêtre de son ancienne chambre, tout au bout.
Des malades se tenaient devant le hall, une cigarette dans la main, la potence de la perfusion dans l'autre. Un gars en fauteuil roulant est passé prés de moi. Il avait la tête prise pas des bandages. Je n'ai reconnu aucun de ceux qui me taxaient des clopes avant.
Au départ, je voulais aller directement vers la porte, monter à l'étage prendre un café. Mais j'avais les jambes lourdes. Comme grippées ou rouillées. Lourdes comme le granit, comme le marbre.
Les fesses contre la barrière, je me suis allumé une cigarette pour masquer les larmes qui montaient, en prenant un soin infini pour ne pas croiser le regard de quelqu'un.

Hôpital Jean Minjoz / le 12 février 08

dimanche 5 octobre 2008

le messager (Conte d'automne )

- Monsieur, monsieur, monsieur…monsieur !
Une voix m'a interpelé. Au début, je n'ai pas cru que c'était pour moi, mais au bout de quelques pas, lorsqu'en regardant autour de moi j'ai vu que j'étais seul dans la rue, je me suis retourné. Une jeune fille s'approchait, à demi essoufflée :
- Excusez- moi monsieur, vous avez perdu quelque chose !
Je baissai les yeux sur ses mains, blanches, longues et fines, fermées sur un objet minuscule.
- Vous êtes sûre que c'est à moi ?
- J'en suis sûre, je viens de le ramasser. Il est tombé de votre voix quand vous avez traversé au carrefour.
La moitié de son visage était caché par ses cheveux, l'autre me regardait. Un autre sourire ondulait quelque part.
Elle ouvrit ses paumes, je tendis les miennes. Une chaleur douce irradia la jointure de mes doigts quand je les refermai à mon tour.
Je la remerciai comme un imbécile. Elle disparut. Puis j'oubliai bientôt mes mots inutiles pour le secret que j'avais perdu.

vendredi 26 septembre 2008

La pudeur nous égare

Sur l'autoroute, je ruminais cette phrase. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare…

Et si aussi la pudeur nous protégeait. Il faudrait tout dire, libérer la parole, libérer les mots, former des phrases. Il faudrait tout montrer, se mettre à nu, toucher.
Mais montrer quoi ?
Et ce qu'il y a à l'intérieur... Si je vous dis André me manque, comprendrez vous l'étendue de ma peine ? Si je vous dis que je fais des rêves qui font balbutier mes paupières, si je vous raconte que je rêve de cercueils remplis de livres, si je vous dis que devant les gamins que j'ai en charge, je suis ému de cette vie qui déborde, de ces paroles inconscientes, de leur insoumission foutraque et de leur rébellion endurcie par la misère.

La pudeur nous égare… la pudeur nous sauve… J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails

lundi 22 septembre 2008

A vous maintenant

J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails
J'ai donné des gages et refusé les compromis
Il n'est pas né celui qui me verra manger
De ce pain là

Et puis qu'est-ce que cela peut leur faire

Les pièces tombant dans les paniers d'osier
Martelaient la fin d'une longue négociation
Les chants inutiles rassuraient l'assemblée
Dans la défaite

Et qu'est ce que cela peut leur faire

Mon corps en morceaux
Mes larmes matinales
Mes mots au large
Mes longues mains crispées

J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails
Je n'ai rien perdu de vous, j'ai tenu bon pour l'avenir
Je me suis arc bouté sur l'étincelle prodigue
A l'immense

A vous maintenant



lundi 15 septembre 2008

Advienne que pourra

Les passerelles, les jolies passerelles, les belles ombrelles,
Cachez vos yeux, tenez vos mains, gardez votre tête,
Les ailes du nez sous un mouchoir en dentelle

Dissimulez vos pas sous un lambeau de ciel

Advienne que pourra.

lundi 8 septembre 2008

Qu'allons nous faire

Qu'allons nous faire de tout ce soleil
Qu'allons nous faire de la chaleur de nos peaux,
Qu'allons nous boire à sa santé
Dans la veille
Qu'allons nous verser dans nos silences

Qu'allons nous faire de ses mains glacées
Que dirons nous à nos enfants
Que verrons nous sur les photographies
A venir

Tairons nous les colères
La maladie
La tendresse
L'attention

dimanche 7 septembre 2008

Sans titre