mercredi 17 décembre 2008

Coco

Ce rêve encore frais, au matin, dans les brouillards.
Ce rêve aux poches vides, ce rêve aux souvenirs batailleurs
Cette nuit qui s'avance
Où il demeure et s'active
Ce secret sur nos visages, ce calcul mathématique irraisonné
La pluie et ses étincelles rougies
Ce rêve têtu comme la misère
Ce rêve qui me tient et sans lequel je ne serais déjà
Plus qu'un masque
Ce rêve tremblant de ne pas arriver à se croire

Ce rêve vous ne le réinventerez pas.

dimanche 7 décembre 2008

Dur

Chaque fois cela sera dur. A chaque fois quelque chose vacillera, et au coeur de l'après midi, sur les regards glissera comme un voile gris et léger. L'étrange sensation ne nous quittera pas. En trempant mes lèvres dans le verre de champagne, je me souviendrai de nos verres qui tintent.
Droits et debout, nous nous méfierons des pièges. Combien seront injustes les souvenirs rapportés, combien nous sembleront déplacées telle anecdote ou telle parole.
Nous nous sentirons bien seuls. Au fond de nous la douleur de l'autre sera difficile à supporter, et nous voudrions qu'elle n'existât pas.
Chaque fois ce sera dur. Dur à affronter. Dur à prononcer. Ce voile sera sa présence. Et il nous tiendra chaud.

jeudi 20 novembre 2008

Verba volant, scripta manent.

Il y a deux semaines j’ai écrit une petite nouvelle dont le point de départ était une lettre trouvée dans le métro… Hier, entre deux quais, il y avait une lettre. Pour moi. Enfin, une lettre que le hasard ou le désir avait laissé par terre et aux gens qui ne regardent pas que leurs pieds.
Dans cette lettre, c’est une fille qui écrit. Elle écrit en s’adressant à un homme qui la fait souffrir. Ecrire même sans donner la lettre, c’est comme une lumière que nous allumons les nuits d’insomnies, pleine d’ombres et d’éclats, pleines de murmures et de mots prononcés à voix nue dans le silence.
Dés que j’ai vu ce que ces quelques morceaux de papiers pliés et salis contenaient, j’ai hésité à les remettre où je les avais trouvés, sur les premières marches de l’escalier des quais de la Gare du Nord. Je me parlais à moi même, je m’expliquais que cela n’appartient qu’à celle qui écrit, peut être aussi au destinataire. Pas à moi.
En même temps ces mots, je les ai recueillis.
Je voudrais devenir une oreille patiente, un regard qui ne juge pas.

vendredi 31 octobre 2008

Autoportrait à la cigarette (j'avais oublié ceci part 2)

J'avais oublié ceci
L'eau sur les vitres, la buée, la surface opaque.
J'ai mis le doigt sur ton visage
Comme pour saisir une ombre brillante,
En prendre le contour d'argent
Et les lignes sages

Tu liras ceci dans la silice et le solide
Couvert de sable et marchant dans la glace
Tu liras ceci à minuit
Ou demain peut être
Quand il fera gris et pale au dessus
D'ici

Tu auras vingt ans
Tu auras le silence à la marge des écrans
Tu sauras le temps et l'espace
Tu sauras bien un jour qu'il ne restera qu'un reflet
Qu'un filet de fumée douce
Qu'une odeur de tabac remontant au loin des poumons

lundi 27 octobre 2008

J'avais oublié ceci

J'avais oublié ceci
L'eau sur les vitres, la buée, la surface opaque.
J'ai mis le doigt sur ton visage
Comme pour saisir une ombre brillante,
En prendre le contour d'argent
Et les lignes sages

Tu liras ceci dans la silice
Couvert de sable et marchant dans la glace
Tu liras ceci à minuit
Ou demain peut être
Quand il fera gris et pale au dessus

dimanche 26 octobre 2008

Hasard...

N'est pas photographe qui veut.
Je le sais.
Je sais trop, à côtoyer l'âme des cargos, qu'on ne fait pas de bonnes photos par hasard. Que celui-ci s'apprivoise. Quand je cherche l'expression juste, je sais que je ne la tiens qu'à force d'impulsions infimes dans mon cerveau, d'associations qui demeurent inexpliquées mais qui suivent une logique.
Le hasard n'a pas de logique.
Depuis que j'ai mon appareil numérique, je prends souvent des photos. Inutiles, gâchées, trop floues, trop sombres, peu importe. Je n'ai que l'ambition de garder ce que j'ai sous les yeux, ce à quoi je participe, de pouvoir un jour peut être en faire ressurgir le souvenir ou me livrer à quelques pérégrinations rêveuses. Je crois que je fais des photos comme je lis un livre, entre naïveté et maîtrise.
Celle qui suit est ainsi. Je la dois au hasard d'un après midi, aux circonvolutions d'un ciel d'automne. Je le dois à ce temps passé en famille, je la dois aussi à la recherche que j'effectue depuis longtemps sur un paysage que j'ai eu mille fois sous les yeux.
Pour une fois j'ai apprivoisé le hasard. Même si au final cela ne donne qu'une image un peu banale, elle existe pour moi...


mardi 21 octobre 2008

Instantanés

Ronger, beaux et heureux, les barreaux des cages bleues.


A force de mer, l'eau n'est plus salée qu'à la peine.


Doux courage au courant d'air, babioles jetées dans l'escarcelle.


Le jardin respire. La terre se soulève. Les arbres la saisissent.


Pour ce lien à refaire et cette vie à reprendre,
A fond de camisole !

jeudi 16 octobre 2008

En passant sur le net

Sur le detroit de Gibraltar, y'a un jeune noir...

Je ne sais plus ce qui est triste et ce qui ne l'est pas. Je ne sais plus ce qu'il faudrait dire, ce qu'il faudrait faire, ce que penser.
Avoir des enfants et mourir pour que d'autres vivent leur vie... Mourir pour la vie d'autrui. Ce qui est normal, disent certains en tant de guerre, et en réveillant le sens du sacrifice ils galavanisent les lignes montant mourir au front...

Mais ici, on meurt pour autrui, simplement à cause de sa misére et de lois...

lundi 13 octobre 2008

Retour

Comme je venais de Devecey, j'ai pris par la voie de contournement, aux lisières de la ville. Je suis arrivé dans la zone industrielle, lentement, sous les arbres dénudés. Une branche était à terre, j'ai senti le bois sec craquer sous les pneus.
J'avais depuis février pris l'habitude : je suis allé directement au fond du parking. A cette heure là, il y aurait encore un peu de place. Je me suis garé le long d'une bordure. Derrière moi, les autres m'imitaient.
La chaleur plombait. Je me sentais comme en juin ou juillet, mis à part les feuilles brunes par terre. J'ai pensé en passant le portail qu'il serait peut être sur l'esplanade, à prendre le soleil avec Nelly. J'ai cherché de loin sa casquette qui masquait son crâne à demi nu, sa haute silhouette un peu voûtée.
Je me suis avancé. Les marteaux piqueurs n'avaient pas cessé du coté de l'extension, même si deux étages s'élevaient maintenant devant la fenêtre de son ancienne chambre, tout au bout.
Des malades se tenaient devant le hall, une cigarette dans la main, la potence de la perfusion dans l'autre. Un gars en fauteuil roulant est passé prés de moi. Il avait la tête prise pas des bandages. Je n'ai reconnu aucun de ceux qui me taxaient des clopes avant.
Au départ, je voulais aller directement vers la porte, monter à l'étage prendre un café. Mais j'avais les jambes lourdes. Comme grippées ou rouillées. Lourdes comme le granit, comme le marbre.
Les fesses contre la barrière, je me suis allumé une cigarette pour masquer les larmes qui montaient, en prenant un soin infini pour ne pas croiser le regard de quelqu'un.

Hôpital Jean Minjoz / le 12 février 08

dimanche 5 octobre 2008

le messager (Conte d'automne )

- Monsieur, monsieur, monsieur…monsieur !
Une voix m'a interpelé. Au début, je n'ai pas cru que c'était pour moi, mais au bout de quelques pas, lorsqu'en regardant autour de moi j'ai vu que j'étais seul dans la rue, je me suis retourné. Une jeune fille s'approchait, à demi essoufflée :
- Excusez- moi monsieur, vous avez perdu quelque chose !
Je baissai les yeux sur ses mains, blanches, longues et fines, fermées sur un objet minuscule.
- Vous êtes sûre que c'est à moi ?
- J'en suis sûre, je viens de le ramasser. Il est tombé de votre voix quand vous avez traversé au carrefour.
La moitié de son visage était caché par ses cheveux, l'autre me regardait. Un autre sourire ondulait quelque part.
Elle ouvrit ses paumes, je tendis les miennes. Une chaleur douce irradia la jointure de mes doigts quand je les refermai à mon tour.
Je la remerciai comme un imbécile. Elle disparut. Puis j'oubliai bientôt mes mots inutiles pour le secret que j'avais perdu.

vendredi 26 septembre 2008

La pudeur nous égare

Sur l'autoroute, je ruminais cette phrase. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare. La pudeur nous égare…

Et si aussi la pudeur nous protégeait. Il faudrait tout dire, libérer la parole, libérer les mots, former des phrases. Il faudrait tout montrer, se mettre à nu, toucher.
Mais montrer quoi ?
Et ce qu'il y a à l'intérieur... Si je vous dis André me manque, comprendrez vous l'étendue de ma peine ? Si je vous dis que je fais des rêves qui font balbutier mes paupières, si je vous raconte que je rêve de cercueils remplis de livres, si je vous dis que devant les gamins que j'ai en charge, je suis ému de cette vie qui déborde, de ces paroles inconscientes, de leur insoumission foutraque et de leur rébellion endurcie par la misère.

La pudeur nous égare… la pudeur nous sauve… J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails

lundi 22 septembre 2008

A vous maintenant

J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails
J'ai donné des gages et refusé les compromis
Il n'est pas né celui qui me verra manger
De ce pain là

Et puis qu'est-ce que cela peut leur faire

Les pièces tombant dans les paniers d'osier
Martelaient la fin d'une longue négociation
Les chants inutiles rassuraient l'assemblée
Dans la défaite

Et qu'est ce que cela peut leur faire

Mon corps en morceaux
Mes larmes matinales
Mes mots au large
Mes longues mains crispées

J'ai concédé l'essentiel et tenu bon sur les détails
Je n'ai rien perdu de vous, j'ai tenu bon pour l'avenir
Je me suis arc bouté sur l'étincelle prodigue
A l'immense

A vous maintenant



lundi 15 septembre 2008

Advienne que pourra

Les passerelles, les jolies passerelles, les belles ombrelles,
Cachez vos yeux, tenez vos mains, gardez votre tête,
Les ailes du nez sous un mouchoir en dentelle

Dissimulez vos pas sous un lambeau de ciel

Advienne que pourra.

lundi 8 septembre 2008

Qu'allons nous faire

Qu'allons nous faire de tout ce soleil
Qu'allons nous faire de la chaleur de nos peaux,
Qu'allons nous boire à sa santé
Dans la veille
Qu'allons nous verser dans nos silences

Qu'allons nous faire de ses mains glacées
Que dirons nous à nos enfants
Que verrons nous sur les photographies
A venir

Tairons nous les colères
La maladie
La tendresse
L'attention

dimanche 7 septembre 2008

Sans titre

mardi 26 août 2008

A l'immense - bis

( Quand j'ai mis en ligne "à l'immense" j'ai hésité à mettre la fin du poëme. En même temps, vous me direz, et vous aurez raison, que la litanie est facile, peut être en effet fallait il couper. Les circonstances me poussent à la suite. J'y pensais à l'hôpital, je cherchais la véritable raison de la coupure. A vous de juger, voilà la version non expurgée)

Beauté qui ne demande rien
Qui ne demande plus
A personne
Qui n'attend que le silence, lorsque la voix s'est tue
Quand les grimaces se sont effacées, et les châteaux écroulés
Beauté timide et maladroite
Qui ne s'accroche à rien d'autre que ton souffle
Beauté sereine dans la douleur
Et rageuse dans l'absence
Reine de l'instant et des couleurs
Beauté jetée sur les plages du désordre
Et tenue dans le fil d'un embrun
A la course battue
A terme à demeure à la fin
Beauté crépitante aux cheveux d'étincelle
Ombre bleue porté sous les yeux
Beauté en guenilles sans livret sans papiers
Echo soudain soudure à l'azur

Beauté ma loyale
Et ma fidèle
Jusque dans tes disparitions
Beauté
Mon désespoir et mon secret

Beauté calculée sur un boulier de rêve
Beauté nuageuse beauté de colère et de fleurs fanées
D'arbres en déroute, de rochers en miette
Beauté confidente à la tumeur
Qui se tient vers la fenêtre en égrenant les secondes
Comptant les battements de la machine
Qui l'accompagne en mesurant la morphine, l'oubli
Et la tranquillité arrachée au glioblastome

Beauté solide
Dans le doute, têtue au cœur de l'immense, pour mettre la main sur notre épaule


lundi 25 août 2008

A l'immense

Beauté qui ne demande rien
Qui ne demande plus
A personne
Qui n'attend que le silence, lorsque la voix s'est tue
Quand les grimaces se sont effacées, et les châteaux écroulés
Beauté timide et maladroite
Qui ne s'accroche à rien d'autre que ton souffle
Beauté sereine dans la douleur
Et rageuse dans l'absence
Reine de l'instant et des couleurs
Beauté jetée sur les plages du désordre
Et tenue dans le fil d'un embrun
A la course battue
A terme à demeure à la fin
Beauté crépitante aux cheveux d'étincelle
Ombre bleue porté sous les yeux
Beauté en guenilles sans livret sans papiers
Echo soudain soudure à l'azur

Beauté ma loyale
Et ma fidèle
Jusque dans tes disparitions
Beauté
Mon désespoir et mon secret

vendredi 22 août 2008

Naissances (2)

L'eau, le fleuve … l'eau, le courant, les tourbillons, la berge, la berge, et puis enfin la glaise sous les doigts, l'odeur d'humus, les racines auxquelles tu t'accroches, les cheveux dans les yeux, un goût sucré dans la bouche, l'herbe haute, encore un mètre les pieds hors de l'eau, et le souffle qui manque et qui te revient, tu dois retrouver la marche, apprivoiser la pesanteur au creux de tes genoux.

Tu aurais pu attendre encore un peu, grandir plus loin, au risque de te perdre dans l'eau, de te liquéfier, et même si tu aimes nager, tu n'as pas le choix des visages que tu croises, des alchimies de hasard, et des secrets que tu aides à éclore. Des sentiments...

mercredi 20 août 2008

Naissances

J'ai traversé les ans comme autant de fleuves : autour de moi le courant glissait, rusé, insatiable et agile. Emporté, j'ai à chaque fois mis le pied sur la berge en découvrant un endroit différent du monde.
Et même si je sais que je me rapproche des lueurs qui courent au dessus de l'horizon, à chaque mouvement des hanches pour m'élever au dessus du bord, je rêve d'un nouveau paysage...

La vie continue, dit on, avec la rapidité demain d'un cœur enfantin au profond du ventre maternel

mardi 19 août 2008

Sur le fil du silence

Equilibriste encore sur le fil du silence
A tâtons
Vos doigts qui tremblent
N'accompagnent plus vos yeux inutiles
Ni les quelques mots asséchés qui percent sous la douleur
Et parfois je l'entends
Elle racle contre les parois du cerveau la tumeur

Sans doute est ce possible parce que les gens se taisent
Encore
Ils secouent leurs visages au dessus du gouffre
Mais ce vide qui vient sous leurs pieds
C'est à partir de vous qu'il faut le combler
Seulement vous

Equilibriste encore sur le fil du silence
Je vous embrasse.

lundi 18 août 2008

Des listes, des jeux et des anars...


Le plus remarquable dans ce dessin, au sens premier du terme, n'est finalement pas le dédain chinois, mais le motif, l'évènement, qui l'a suscité.

Nous croyions les mots "prisonnier politique" et "dissident" englués dans le siècle précédent, au temps de l'Union Soviétique, quand chaque mot passé par-dessus de mur, envoyé via pigeon voyageur du fin fond de la Sibérie, tirait des larmes au premier venu, déclenchait dans le monde libre des tonnerres de protestations, de bonnes indignations, des somptueuses diatribes et qu'aussitôt tombaient dans le ciel d'Afghanistan des chargements d'armes.
Notre P…, habitué qu'il est à confectionner des fiches, à edwiger sans peur ni scrupules, le remet au goût du jour, tout comme le couvert et cette fameuse liste.

A quoi sert t'elle ? Un clin d'œil – je sais ce que tu fais et où tu habite, alors fais gaffe – ou un cadeau – voici ceux qu'il faut abattre, mais je ne t'ai rien dit - ?

Je n'ai pu rire.
Honoré retourne la mise en scène, il montre que pour notre P… le plus dramatique n'est pas le sort des dissidents, mais le nombre de contrats qu'il risque de perdre pour ses amis. Il montre que ce geste n'est rien d'autre qu'une gesticulation à laquelle il se soumet en essayant sans succès d'y croire lui-même.

Au moment où Siné commence à manquer à Charlie, la qualité demeure.

Et une question : que fait finalement notre P…. ?

lundi 11 août 2008

Bribes d'images numériques et tristesse SMS

La photographie dans le téléphone... Et si on mettait le téléphone dans le cadre, à l'angle du miroir. La voix parait si lointaine, le visage un peu flou, la nuit pale, les halos de pixels envahissent ma mémoire, les ondes électriques parcourent ma langue, mes yeux me brûlent.

L'univers magique a aboli la distance mais oublié la chaleur de la peau.

mardi 5 août 2008

Déplions l'avenir

Pour enjamber les gouffres de bêtise, il chausse ses bottes d'arracheur de dents… On déplace les responsabilités, comme on déplace les miroirs.

voir l'article

Aux noyés

Nous savons bien
Que le temps est joueur
Il mise à chaque coup pour gagner

Pour dominer ce monstre si fidèle
Peut être faut il perdre
Son temps

Ainsi, ainsi
Pour ne sortir qu'à l'aube de la table de jeu
Au dernier jeton

Peut être faut il
Pousser les mots devant soi
En murmurant

"Tapis ! "

samedi 2 août 2008

Veille 2.0

Je suis entouré, cerné, par le vert miroitant des tilleuls et je tourne dans un coin de ciel alangui, que capte en rêvant les lentilles paraboliques de l'appareil photo.
Au début il n'y avait que ce chemin clair et poussiéreux, au milieu des champs. C'était hier. Je marchais sans savoir, dans une promenade sans but, identique aux flâneries parisiennes. Les tiges de blé coupé au ras des mottes arrachaient au ciel des lambeaux de nuages. Mais aujourd'hui, mon corbillard s'est arrêté sous les tilleuls.
J'en suis descendu lentement. J'entendais bruisser un carillon lointain. J'ai fait quelques pas vers les fossés. J'ai sorti mon appareil.